Castillon-la-Bataille. Un Azulejo sur le mur de la Poste

La pétillante Olivia Da Bona est fière que son œuvre plaise, mais surtout que certains aient su avoir une double lecture... regardez bien…

L’artiste urbaine parisienne Olivia Da Bona est la quatrième artiste invitée à Castillon la Bataille afin de venir laisser son empreinte dans la cadre de « l’opération Street Art Castillon. » Un travail commencé lundi matin, sur le mur de la poste Avenue Jules Ferry, et terminé mercredi 17 avril au soir, de sa signature.

 

Ce qui saute aux yeux, c’est le bleu profond et intense en contraste avec le blanc qui orne le mur de la poste de Castillon La Bataille. Une œuvre singulière, de quatre mètres quatre-vingt de haut, laissant admiratifs les habitants venus observer le mur. Olivia Da Bona, vêtue d’une chemise bleue en accord avec son œuvre, et des tâches de peintures pleins les mains, discute avec les curieux.

« J’ai commencé ça lundi matin, donc j’ai fait ça en deux jours et demi. J’aurai pu l’achever plus tôt mais le mur était très poreux, donc ça boit énormément de peinture. », commence-t-elle par expliquer. Un mur de pierre anciennement terne se retrouve maintenant orné d’une peinture bleu indigo, inspirée des Azulejos portugais (carreaux de faïence décorés de motifs géométriques). « J’ai choisi ce bleu-là qui fait référence à la Grèce, j’avais envie de partir un peu dans le Sud, en voyage. »

Aux influences méditerranéennes de loin, il faut se rapprocher et laisser place à son interprétation pour en découvrir les détails. L’artiste souhaitait faire référence à son « travail d’atelier de céramique qui beaucoup plus minutieux, de petites choses. Et de voir si ça rend en grand. » Des plantes entrelacées et des feuilles de différentes formes caressent les corps subtils de femmes, dissimulés dans les courbes. Un message glissé de l’artiste : « Toutes les femmes sont belles. »

« C’est une œuvre graphique qui rend hommage au corps de la femme, et pas seulement au corps standardisé. Très poétique et subtil dans les nuances, on voit là une œuvre dynamique. Et la force d’une seule couleur en intensité, ce bleu, est très intéressante. » réagit Myriam, une jeune femme venue assister à la finition de l’œuvre. « De la part d’un ancien postier ici, c’est très bien ! » confie Kader, qui adore, tout comme Michel et Annie. « Ça égaye la rue ! »

Jacques Breillat, maire de Castillon, est fière de l’œuvre. Dans le cadre de l’opération street art, lancée trois ans plus tôt « ça permet d’interpeller un public qui n’a pas l’habitude, ou ne va pas naturellement dans les lieux culturels. » Pour cette quatrième artiste venue redonner des couleurs au centre-ville, le maire en est très heureux. « J’adore, parce que d’abord la couleur me parle, le bleu est ma couleur préférée (tout sourire), et puis le mélange silhouette féminine et fleurs dégagent une belle émotion et une forme de sensualité. »

Olivia, toute pétillante, continue de recevoir des remerciements et des questions avant qu’elle ne soit appelée à signer le mur. Tout autour d’elle, des visages l’observent écrire de son pinceau, sa signature. L’œuvre est enfin complètement achevée, s’en est suivi un échange de cadeaux des élus et du maire pour remercier la jeune artiste, puis un buffet, avant qu’elle ne reparte sur Paris.

 

L’opération Street Art de Castillon La Bataille a accueilli une quatrième artiste urbaine venue participer à revitaliser le centre-ville. De sa main, elle a peint un hymne à la beauté féminine aux influences portugaises. Ce double message a su ravir les plus fins observateurs.

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