Le Jardin presque secret de l’université Bordeaux Montaigne

Au milieu du campus Montaigne Montesquieu se cache un champ. Cet endroit abrite La Cuvée des écolos, association composée de 30 bénévoles et deux salariés. Ils s’occupent aussi bien de redistribution alimentaire que de production locale pensée par les jeunes et pour les jeunes, sans barrière sociale. 

Le campus Bordeaux Montaigne, où grouillent des étudiants de part et d’autre des allées gravillonnées et où des amas de jeunes longent les longs bâtiments. Face à la route et depuis les arrêts de bus, on aperçoit un champ au milieu des gros blocs de béton.

L’asso La Cuvée des écolos se trouve à sur un terrain appelé Jardin de la Cuvée. Deux silhouettes au centre de l’enclos agitent la main en guise de salut.

« Hé bah bienvenu ! ». Pierrot, le responsable et salarié de l’asso, est assis avec Antoine, un bénévole autour d’une grande table en bois couverte d’une bâche bleue. Fleur arrive dans la foulée et s’installe sur une vieille chaise en plastique..

Tous trois devant les containers de compost, leurs chaussures pleines de boue, ils évoquent leur association de 30 bénévoles « par les jeunes et pour les jeunes », située au cœur du campus Montaigne Montesquieu.

« Solidarité alimentaire, transition écologique et alimentaire, reconnexion entre les mondes urbains et ruraux au travers de l’éducation populaire », telles sont les valeurs que l’association défend depuis son ouverture en 2019. L’urgence alimentaire actuelle les a poussés à agrandir leur dispositif de distribution. L’université leur prête un local dans le bâtiment B200-140, pour partager cent paniers aux jeunes dans le besoin une fois par semaine.

Ces paniers viennent de collectes d’invendus en grande surface. « C’est un peu aléatoire » souffle Antoine. Mais ce n’est qu’un début. Fleur  raconte avec plaisir leur grand projet : Maraîch’Solidaire, « une idée utopiste » visant à exploiter leur champ afin d’en faire un immense jardin potager. Leur volonté est de produire ce qui va être distribué afin de « faire quelque chose de circulaire et hyper local, mais c’est un projet à long terme et assez ambitieux ».

En dehors de la distribution, l’association propose aussi plusieurs activités gratuites. Dont Une permanence tous les mardis avec des bénévoles afin de jardiner. Et un week-end par mois, une sortie à la ferme sous forme de woofing est organisée. Cette sortie est considérée par Pierrot comme « un vecteur de rencontre » car lors du dernier week-end, des jeunes de différentes nationalités se sont prêtés au jeu, et leur ont laissé de bons souvenirs. « C’était un sacré week-end ! » s’esclaffent ils.

Rencontres, retrouvailles, jardinage, et nature sont donc au rendez-vous dans cette petite asso surprenante, qui vise à questionner le modèle agricole actuel dit conventionnel.

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